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  • Photo du rédacteurThibault Merckel

2022 : mon classement des meilleurs films et séries de l’année


Malgré quelques pépites, l’année 2021 a été aussi étrange que décevante (merci tout de même à Nicolas Cage, Hideaki Anno et Peter Jackson). En comparaison, 2022 a été bien plus foisonnante, et surtout bien plus excitante.

Alors poursuivons la tradition, et découvrons ensemble le meilleur de l’année au cinéma et à la télévision.



15. DC frappe fort avec The Batman & Peacemaker

Il était attendu avec impatience, et il faut bien le reconnaître : le Batman de Reeves et Pattinson, fort de ses parti pris osés et surtout assumés jusqu’au bout, a su délivrer. Le film a ses hauts (écriture intelligente, prestation intense, lumière sublime) et ses bas (Bruce Wayne), mais le résultat reste à mes yeux une réussite. Meilleur que Nolan, mais toujours moins bien que Burton.

Dans un registre bien différent, Peacemaker a démontré (s’il fallait le rappeler) que le catalogue DC offre un champ des possibles extraordinaire. Encore faut-il savoir le miner, et James Gunn sait y faire. Ce spin-off du déjà très bon The Suicide Squad est loin d’être parfait (l’intrigue générale est assez faible), mais le cœur de la série se trouve dans ses personnages. Bref, on a hâte de voir ce que le nouveau co-architecte du DCU nous concocte.

PS : vous remarquerez que je passe sous silence l’abominable Black Adam, aussi débile que bruyant. C’est dire.


14. Godland

Cette co-production danoise, islandaise, suédoise et française ne sera pas au goût de tout le monde, mais force est de constater que la beauté glaciale et presque cruelle de l’Islande se prête à merveille à l’histoire de ce prêtre dont la mission ne se déroule, évidemment, pas comme prévu.

Les lents panoramiques du réalisateur Hlynur Palmason sont tout simplement à couper le souffle, et nous montrent comme il est aisé de se perdre soi-même au sein d’une telle immensité.


13. Pantheon

Voilà un genre de production qu’on ne voit pas assez souvent. Une série animée pour adultes, plus portée par son envie de raconter une histoire intelligente que par ses besoins de divertir.

L’idée que l’Homme « uploade » son esprit afin d’atteindre l’immortalité n’a rien de vraiment nouveau, mais là où la série triomphe, c’est dans son refus d’être moralisatrice. En somme, une œuvre complexe, à l’image de son sujet.


12. The Devil’s Hour

Il est facile de passer à côté de certaines petites séries de qualité, tant l’offre est titanesque. The Devil’s Hour fait justement partie de ces agréables surprises que personne ne regarde dans votre entourage, et c’est bien dommage.

Flippante à souhait, cette série britannique dévoile ses mystères avec une certaine ingéniosité, pour révéler une histoire finalement bien plus tragique qu’elle n’y paraît. Et si Peter Capaldi se fait extrêmement rare dans les premiers épisodes, sa présence ne passe jamais inaperçue (c’est là toute l’étendue de son talent).


11. La stop-motion apocalyptique de Mad God & Junk Head

Laissez vos enfants (ou vos adultes sensibles) chez papy et mamy, parce que ces deux œuvres ont de quoi choquer vos rétines.

Mad God de Phil Tippett d’abord, résultat d’un nombre incalculable d’années de travail, et véritable OVNI provoquant autant de répulsion que d’obsession. Rarement un film aura su invoquer des images aussi cauchemardesques, et rarement la stop-motion aura su se montrer aussi pertinente – aucune autre technique au monde n’a le pouvoir de vous faire voyager comme celle-ci.

Compagnon idéal pour un « double feature » infernal, Junk Head de Takahide Hori (produit bien plus tôt mais sorti en France en 2022) privilégie bien plus l’intrigue et moins la parabole, tout en construisant son univers avec une habileté qu’on aimerait voir plus souvent dans la SF.


10. Decision to Leave

Park Chan-wook est un de nos plus grands cinéastes vivants. Et même lorsqu’il n’est pas à son apogée, il reste capable d'émouvoir et de fasciner comme personne. La preuve encore avec Decision to Leave, film d’une rare élégance plastique.

Votre adhésion à l’intrigue dépendra probablement de votre capacité à cerner les personnages ultra complexes de ce thriller amoureux, mais il y a une chose que vous ne pourrez certainement pas nier : c’est beau à s’en taper le cul par terre.


9. Tic et Tac : Les Rangers du risque, le film (Chip 'n Dale: Rescue Rangers)

Je n’arrive toujours pas à y croire, pourtant c’est bien vrai : ce 'sequel/reboot/peu importe' a bien été approuvé et produit par Disney.

Bluffant et super fun, le film d’Akiva Schaffer est sans aucun doute LA suite spirituelle de Roger Rabbit que l’on n’attendait plus. Un rare exemple de nostalgie intelligente, où chaque blague, chaque référence, enrichit l’intrigue et lui apporte de la cohérence.

PS : s'appréciera bien mieux en VO.


8. Pachinko

Cette excellente série américano-coréenne ne se targue pas seulement d’avoir le meilleur générique de l’année, elle traite surtout d’un sujet complexe et assez peu abordé au cinéma et à la télévision, celui de la communauté coréenne au Japon.

A travers les époques, Pachinko met en scène les origines d’une famille, avec ce que cela comporte de joies, de luttes, de sacrifices et de drames. Une œuvre sobre et touchante, autant dans son écriture que dans sa mise en scène, et dont les leçons ne laissent pas indifférent.


7. Contes du hasard et autres fantaisies (Gûzen to sôzô)

Ce nouveau film de l’hyperactif Ryûsuke Hamaguchi (qui figurait déjà dans mon classement 2021) se déguste plus qu’il ne se regarde.

A travers trois histoires indépendantes les unes des autres, le cinéaste met en scène la vie de femmes ordinaires, confrontées à leurs propres choix et à ce que ceux-ci entraînent. Hamaguchi et son approche délicate, presque aérienne, prouvent à nouveau qu’il est un des grands noms du cinéma nippon actuel.


6. This much I know to be true

Après One More Time with Feeling (que je ne recommanderai jamais assez), This much I know to be true est le second documentaire d’Andrew Dominik consacré à Nick Cave.

Il est très vite évident que ce nouvel exercice n’atteindra jamais le niveau d’intensité de son prédécesseur, et c’est justement le but. Ici, le focus se fait plutôt sur la musique du génie australien, et sur sa longue collaboration avec Warren Ellis.

Véritable coup de maître visuel, le film sublime chaque chanson par sa propre mise en scène, millimétrée à la perfection. Apprentis cinéastes, prenez des notes.


5. Les Bonnes Etoiles (Broker)

Hirokazu Koreeda continue de proposer ses services en dehors du Japon, et pose cette fois-ci ses valises en Corée du Sud. Et pour l’occasion, il fait appel à l’un des plus grands acteurs de ces dernières années, Song Kang-ho.

Dans le fond comme dans la forme, le cinéaste reste fidèle à sa ligne de conduite et poursuit ainsi sa réflexion sur le concept de famille, et sur toutes les définitions que nous pouvons lui donner. Comme à son habitude, l’écriture est complexe sans être pompeuse, aidée par une mise en scène toujours dans la mesure et dans l’émotion. A ce titre, la scène de la grande roue est peut-être la plus belle de l’année.


4. Severance

On rentre dans les coups de cœur absolus, les claques auxquelles on ne s’attendait pas vraiment en commençant l’année. Et Severance est définitivement une claque.

En partie produite et réalisée par Ben Stiller, cette série représente ce qu’il se fait de mieux à la « télé » : concept exploité à la perfection, casting irréprochable et réalisation au sommet. Chaque épisode est un pur plaisir, entre fascination et rires jaunes. Une œuvre originale et sans compromis, qui pourrait toucher à l’excellence et peut-être égaler les plus grands classiques du genre… à condition de savoir amorcer la prochaine saison, et s’arrêter au bon moment. On a quand même hâte.


3. Andor

De la même manière que Rogue One est à mes yeux bien supérieur à tous les autres films Star Wars de l’ère Disney, Andor dépasse de la tête et des épaules les séries live-action qui l’ont précédée.

Les raisons du succès sont multiples. Exit les caméos et clins d’œil lassants, exit également l'esthétique lisse du "Volume", destinée à la couche la plus superficielle des fans de la saga. Ici, Tony Gilroy nous livre sa vision sans filtre de la guerre, avec ce que cela implique de sacrifices.

Car Andor est avant tout un traité sur ce que l’on est prêt (ou contraint) à sacrifier pour sa liberté et celle des autres. Un sujet qui n’est pas neuf, certes, mais qui reste puissant entre les mains d’un showrunner intelligent. Et de l’intelligence, cette série en a tout le tour du ventre : rythme crescendo, développement complexe des personnages, dialogues sensationnels (les meilleurs de toute la franchise), production design de haute volée.

Vous l’aurez compris, Andor fait partie des meilleurs choses qui soient arrivées à Star Wars, peut-être même l’une des meilleures depuis 1977. C’est dit.


2. RRR

Le mot « spectacle » a-t-il été inventé pour RRR ? C’est sans doute la question que les historiens du cinéma se poseront pour les décennies à venir. Car dire que ce film de Tollywood est un simple « blockbuster » serait une insulte à ses ambitions.

Réalisé par SS Rajamouli (qui cumule déjà quelques-uns des plans les plus fous du cinéma moderne), RRR est un shot d’adrénaline de 3h, une œuvre épique et sans concession qui a tout compris à ce que l’on attend d’un vrai divertissement : des choses qui font battre le cœur.

Bien sûr, cela implique une certaine naïveté (notamment la morale du film, critiquable), et l’acceptation de certains codes désuets (comme la quasi déification de ses héros), mais qu’importe : le résultat est si jouissif que tout est systématiquement pardonné.

Bref, si les films de franchise américains étaient au moins moitié aussi excitants, Hollywood serait sauvé.


1 (ex æquo). The Banshees of Inisherin

Avec 4 films seulement en une douzaine d’années, chaque nouvelle œuvre de Martin McDonagh est un événement. Et le génie irlandais ne déçoit jamais.

The Banshees of Inisherin est soit la comédie la plus dépressive, soit le drame le plus hilarant de ces dernières années. Un film aussi beau qu’inclassable, un petit miracle d’écriture tant l’intrigue reste d’une simplicité presque élémentaire.

Sans grande surprise, le casting est impeccable, et prouve à nouveau que Colin Farrell est sans aucun doute l’un des acteurs les plus intéressants, les plus imprévisibles, et surtout les plus talentueux de sa génération.


1 (ex æquo). Everything Everywhere all at Once

Déjà regardé un film en vous demandant s’il avait été écrit spécifiquement pour vous ? Car Everything Everywhere all at Once représente tout ce que je recherche au cinéma : un concept intelligent, un cœur émotionnel fort, et une volonté de ne jamais tomber dans la facilité… tout en restant fun.

Un exercice d’équilibriste complexe, que le duo The Daniels accomplit avec folie et talent. Tout paraît simple et cohérent, même lorsqu’il s’agit de mettre en scène un dialogue entre deux cailloux.

PS : Michelle Yeoh mérite d’être canonisée.



Ces films et séries n’ont pas décroché leur place dans le top 15, mais il serait injuste de ne pas les mentionner. En vrac :

. La victoire de la science-fiction cérébrale, avec le subtile After Yang (Kogonada), le dérangeant Crimes of the Future (David Cronenberg), le spectaculaire Nope (Jordan Peele) et l’expérimental Something in the Dirt (Moorhead & Benson) ;

. Le retour d’Alex Garland au cinéma, avec un Men très opaque mais bougrement effrayant ;

. Un autre retour, celui d’une icône japonaise avec Shin Ultraman (écrit par Anno), fun même pour les non-initiés ;

. L’immensément attendue Rings of Power, série prequel du Seigneur des Anneaux et plaisante réussite dans l’ensemble, et ce malgré quelques longueurs et un sacré manque de punch ;

. Guillermo del Toro un peu en demi-teinte, avec un excellent Pinocchio, un Nightmare Alley plutôt mineur, et un Cabinet de curiosités décevant ;

. Nicolas Cage en roue libre dans le très drôle Un talent en or massif (The Unbearable Weight of Massive Talent) ;

. Le charme tout en délicatesse de Marcel the Shell with Shoes on ;

. Un Pixar soi-disant mineur mais pourtant plein de bonnes idées (et de sujets importants) avec Alerte rouge (Turning Red) ;

. Shakespeare toujours aussi pertinent, de près ou de loin. De près avec The Tragedy of Macbeth de Joel Coen, servi par une sublime production et un Denzel Washington charismatique. De loin avec The Northman de Robert Eggers, froid et violent (mais pas transcendant) ;

. L’église mormone sous le feu des projecteurs avec l'intrigante série Under the Banner of Heaven ;

. Et puis évidemment un must-see pour tout metalhead qui se respecte, le documentaire Dio: Dreamers never die.


Je n’ai évidemment pas eu l’occasion de tout voir cette année. Parmi les films qui auraient probablement pu apparaître dans cette liste : Inu-Oh, The Menu, Moonage Daydream, ou encore Neptune Frost.

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