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  • Thibault Merckel

Star Trek : mon classement du moins bon au meilleur


54 ans d’histoire, 8 séries (et plusieurs en développement), 14 films, pas loin de 800 épisodes, bref, Star Trek est une impressionnante source de chiffres et de statistiques. Mais Star Trek, c’est avant tout un univers riche et complexe comme il en existe peu dans la culture populaire. La création de Gene Roddenberry a en effet inspiré des générations entières d’auteurs et d’artistes à travers les décennies, tout en nous offrant de véritables bijoux d’inventivité et de storytelling.


Alors, pour rendre hommage à ce véritable monument de la SF, voici mon classement de toutes les séries live-action de la franchise. Une liste en pleine évolution, bien entendu.


7. Picard (2020-)

Cette première saison est une bête étrange. Visuellement et narrativement ambitieuse, elle tente à tout prix de rompre avec les règles établies et de faire entrer Star Trek dans la télévision moderne, celle des gros moyens et des stratégies de long terme. Le résultat ? Un arc en 10 épisodes où aucune idée n’a véritablement l’occasion de briller, le tout baigné dans une esthétique rappelant les films de J.J. Abrams (et vous savez ce que je pense de J.J. Abrams…). En résumé, c’est audacieux mais inefficace.


À voir pour : les ex-Borgs et le retour de certaines têtes familières.


6. Enterprise (2001-2005)

Dernière série de la grande époque, Enterprise a quelque peu le cul entre deux chaises, tiraillée entre son respect des codes de la mythologie Star Trek et son envie d’ancrer la franchise dans le nouveau millénaire. Le résultat, s’il n’est pas particulièrement mauvais, reste moyen. Servi par une bonne dernière saison avant d’être très vite desservi par un épisode final calamiteux, ce prequel n’engage jamais vraiment le spectateur en quête d’audace. Bref, à l’époque pas assez intrigant par éviter la lassitude.


À voir pour : les balbutiements de Starfleet, la correction de certaines failles canoniques.


5. Discovery (2017-)

CBS a voulu frapper fort en « rebootant » la franchise après plusieurs années de sommeil. En s’inspirant de l’esthétique des films récents (cf. Picard plus haut), la production annonce la couleur : elle a les moyens de ses ambitions. Le résultat est plus mitigé : Discovery intrigue, à n’en pas douter, mais se perd parfois dans ses propres méandres. Tant et si bien qu’au final, on ne prend jamais vraiment son pied, et ce malgré un potentiel évident. Néanmoins, la série a encore de beaux jours devant elle, et les audaces prises en fin de deuxième saison annoncent un futur exaltant (mise à jour 2021 : nope, cette troisième saison était la pire de toute).


À voir pour : l’immersion dans l’univers klingon, Michelle Yeoh, Doug Jones.


4. Voyager (1995-2001)

De l’audace justement, c’est ce qui a manqué à Voyager. Très critiquée à l’époque pour son incapacité à dépasser la formule habituelle, la quatrième série de la franchise a pourtant de beaux morceaux de bravoure. Et même si les critiques sont fondées, cela n’empêche en rien d’apprécier la qualité d’écriture de nombreux épisodes, véritables petites pépites de SF comment on n’en fait plus. Bref, tout n’est évidemment pas parfait, mais Voyager a largement de quoi, vous savez… vous faire voyager.


À voir pour : la découverte de nouvelles menaces, les quêtes existentielles du Docteur et de Seven of Nine, l’épisode Blink of an Eye (6x12).


3. Deep Space Nine (1993-1999)

Suivre le succès inégalé de The Next Generation, c’était l’ambition du projet Deep Space Nine. Loin d’être une tâche aisée, celle-ci s’est pourtant révélée fascinante. Nouveaux conflits, nouveaux ennemis, nouveaux alliés : le changement de cadre permet à la production de sortir des sentiers battus et de nous présenter un Star Trek plus tortueux, plus complexe. Et pour une fois, le résultat est à la hauteur de l’ambition : Deep Space Nine est aujourd’hui un classique. Cerise sur le gâteau, c’est en partie à cette série que l’on doit l’ascension de Ronald D. Moore, le créateur de Battlestar Galactica (2004-2009).


À voir pour : les dilemmes de la guerre, le commentaire social, l’amour filial.


2. The Original Series (1966-1969)

L’une des œuvres les plus influentes et les plus novatrices de l’histoire de la télévision. Si la série originale Star Trek, créée par Gene Roddenberry, est aujourd’hui un symbole de la SF, ce n’est pas pour rien : produite à partir de bouts de ficelle, chaque épisode est un exercice de storytelling. Et même si les taux de succès sont très variables, l’essentiel n’est pas là. Star Trek est la preuve définitive que les contraintes sont un élément déterminant, presque vital, dans la façon de raconter une histoire. Et raconter des histoires, c’est ce que Star Trek fait de mieux.


À voir pour : la naissance d’une mythologie, l’optimisme et le progressisme, le trio de protagonistes, l’intelligence d’écriture, les citations littéraires, et évidemment l’épisode culte The City on the Edge of Forever (1x28).


1. The Next Generation (1987-1994)

Cette première place aurait pu être ex æquo. Mais il fallait bien faire un choix. Alors en quoi The Next Generation serait-elle une meilleure série que son aînée, alors que je place Un Nouvel Espoir au-dessus de L’Empire contre-attaque ?

Peut-être ne s’agit-il que d’une question d’époque, ou bien l’explication est-elle simplement mathématique : dans tous les cas, je pense que cette Nouvelle Génération offre une plus grande variété d’épisodes cultes. Et malgré tout le respect que je porte à Kirk, je pense également que Jean-Luc Picard est un capitaine plus complexe, plus intense et plus fouillé. Sans compter que la série, d’un point de vue esthétique mais aussi et surtout métaphysique, n’a quasiment pas pris une ride. Quel meilleur signe de grandeur ?


À voir pour : l’alchimie du casting, la place essentielle du concept de justice, Patrick Stewart (l’un des plus grands acteurs à avoir foulé un plateau de télé), l’évolution du personnage de Data, des idées exploitées jusqu'au bout.