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  • Thibault Merckel

Star Wars épisode IX : l’ascension de Skywalker… et la chute d’Abrams


Il y a un moment bien précis dans L’ascension de Skywalker où j’ai compris que J.J. Abrams et Disney n’avaient en réalité aucune intention de faire le moindre effort. Malheureusement, ce moment intervient dès les premières lignes de texte.


Jusqu’à présent, le légendaire générique déroulant introduisant chaque nouveau chapitre de la saga avait pour but de donner du contexte : ici, il s’agit simplement d’un outil à exposition, d’un vulgaire prétexte pour ne pas avoir à expliquer ce qui n’a déjà aucun sens. Et cette insupportable désinvolture, c’est précisément ce qui définit les 2h20 qui s’ensuivent.


Ma critique sera courte ; en effet, à quoi bon perdre mon temps à relever les erreurs, les incohérences, les facilités, les poncifs, les autosatisfactions et autres futilités, quand les personnes responsables de ce massacre ont clairement décidé d’insulter notre intellect ? Car disons-le clairement : cet épisode 9 est une insulte. Grossière, impertinente, cynique, arrogante, disgracieuse, déplacée. Les mots me manquent, en même temps qu’ils affluent.


Il y en a pourtant un qui revient en boucle : pourquoi ? Pourquoi ? Rien dans ce film n’a de sens. Tout ce qui se produit ne se produit que par la pure nécessité de faire avancer l’intrigue et l’action, comme si toute contemplation, toute nuance, toute émotion se retrouvaient subitement interdites. Les personnages ne sont que des coquilles vides, des pantins lamentablement bringuebalés par un couple de marionnettistes (J.J. Abrams et Chris Terrio) tout à fait incapables d’insuffler la moindre once de magie dans ce tableau sans relief.


Chez George Lucas, la Force était cette entité abstraite liant tous les êtres de l’Univers, une force naturelle permettant aux plus sensibles de dépasser leur condition. Aujourd’hui, sous la coupe de Disney et Abrams, la Force est devenue une simple ficelle scénaristique, une pâte à modeler informe que l’on sculpte à l’envie selon les besoins du sacro-saint script, et dont les lois sont devenues si confuses qu’aucune contrainte ne peut plus subsister.


Oh, il y a si peu à garder… Et si cette nouvelle trilogie nous aura réservé son lot de désillusions (comme je l’explique dans mon classement des films Star Wars), il faut bien reconnaître que sa conclusion a su placer la barre encore plus bas. De bout en bout, la stratégie de Disney et Lucasfilm aura été calamiteuse, et ce dernier chapitre en est la preuve flagrante, sorte de répugnant summum de tous les mauvais choix effectués depuis 2012.


Aujourd’hui je pense à George Lucas, à ce qu’il n’a jamais eu l’occasion de compléter (par sa propre faute), et aux nausées dont il a probablement été victime à la vision de ce Rise of Skywalker. Que lui est-il passé par la tête à l’arrivée du générique final ? Du regret ? De la colère ? Du dédain ? De la honte ? Un peu de tout ça à la fois ?


Peut-être cet épisode 9 méritera-t-il à l’avenir une critique plus poussée et moins amère que celle-ci. Ou peut-être ne méritera-t-il rien de plus que notre indifférence collective.


Pour finir, je me contenterai de citer les paroles de ma femme au lendemain de la projection : « En fait, je crois que ce film concentre tout ce que je déteste du monde actuel. La facilité, l’absence de prise de risque, le consensus, et le fait qu’on nous prend pour des cons ».

Bien dit, chère épouse. Bien dit.